Le jeune cheval : les clés d’une éducation réussie

Après le sevrage et avant l’âge adulte, le jeune cheval traverse une période déterminante de son développement. Héritier d’une espèce longtemps exposée à la prédation, il conserve une forte vigilance face à son environnement et peut réagir rapidement à une situation qu’il perçoit comme nouvelle ou menaçante. Manipulations, soins, transport, travail à pied puis débourrage constituent autant de nouvelles expériences qui participent progressivement à son éducation. Une approche progressive, fondée sur l’observation, la confiance et le respect de son rythme, permet de poser les bases d’un cheval disponible, coopératif et serein dans ses apprentissages.

Comprendre l’importance de cette étape de développement

Un cerveau et un corps en plein développement

Le jeune cheval peut présenter assez tôt l’apparence d’un adulte, alors que son développement physique et comportemental se poursuit encore. La maturation de son appareil locomoteur est progressive : toutes les structures ne se développent pas au même rythme et il n’existe pas d’âge unique auquel l’ensemble du squelette pourrait être considéré comme « terminé ».

Les pratiques diffèrent également selon la destination du cheval. Dans les courses, notamment chez le Pur-sang, l’entraînement débute généralement très jeune et les premiers départs peuvent avoir lieu dès l’âge de 2 ans. Chez les chevaux de sport, la formation s’inscrit habituellement dans un temps plus long, avec une montée en charge progressive au fil des années.

Cette période reste dans tous les cas une phase importante d’apprentissage. Le jeune cheval découvre de nouvelles situations, apprend à répondre aux demandes de l’humain et construit progressivement ses repères. Son éducation gagne donc à être progressive, cohérente et adaptée à son âge, à son expérience et à ses réactions.

jeune cheval pansé dans le clame et la douceur

Une étape sensible et déterminante

Les connaissances sur le comportement, l’apprentissage et le bien-être du cheval ont fait évoluer les pratiques d’éducation et de débourrage. Cette période joue un rôle important dans la construction de la relation avec l’humain : les expériences vécues par le jeune cheval participent progressivement à sa confiance, à sa coopération et à sa manière d’aborder les situations nouvelles.

Entre le sevrage et le débourrage, le cheval découvre l’univers dans lequel il évoluera toute sa vie, mais qui est encore nouveau pour lui :

  • les soins quotidiens ;
  • les manipulations du vétérinaire et du maréchal-ferrant ;
  • la marche en main ;
  • le travail en longe ;
  • le sanglage, les couvertures, etc.

S’appuyer sur l’apprentissage naturel du jeune cheval

Un jeune cheval qui apprend progressivement à découvrir de nouvelles situations et à comprendre ce qui lui est demandé peut gagner en confiance et en disponibilité. L’objectif n’est pas de supprimer sa sensibilité, mais de lui donner des repères pour l’aider à aborder plus sereinement les différentes expériences qui jalonneront sa vie : soins, transport, travail, compétition ou encore changement d’environnement.

Cette préparation prend également tout son sens chez le yearling destiné aux ventes, confronté en peu de temps à de nombreuses situations nouvelles. → Découvrir comment préparer un yearling aux ventes.

Observation et mise en confiance

De la même façon que le poulain tolère mieux l’humain lorsque celui-ci s’intéresse positivement à sa mère plutôt qu’à lui, la présence de chevaux plus expérimentés peut également aider le jeune cheval à se familiariser avec certaines situations nouvelles . Dans les cultures traditionnelles, il est courant que les chevaux en formation apprennent à s’habituer aux différents contextes et au matériel, simplement en suivant un groupe de chevaux plus âgés, calmes et expérimentés. 

La curiosité naturelle des jeunes chevaux, deuxième particularité inhérente à tous les mammifères, mérite d’être exploitée. Il est ainsi conseillé de les laisser explorer leur environnement le plus librement possible. Cela peut être, par exemple, la possibilité de monter et descendre d’un van placé dans l’espace de vie et garni de foin ou de friandises : que de temps de gagné les matins de concours ! Il faut, bien sûr, avoir pris au préalable  toutes les précautions de sécurité nécessaires.

Le renforcement positif

Il existe plusieurs philosophies de l’éducation du cheval. Certaines s’opposent, comme l’utilisation du renforcement plutôt positif ou plutôt négatif.

Les résultats de recherche (Sankey et al., 2009) montrent que le renforcement positif donne de meilleurs résultats. Cela est surtout visible sur la relation confiance et sur l’engagement des chevaux dans le travail. Le renforcement alimentaire, avec des friandises, est le plus efficace. Associées à des stimuli physiques comme les félicitations vocales et les caresses, elles peuvent même, à terme, être partiellement supprimées. Néanmoins, certains chevaux réclament une vigilance supplémentaire : un renforcement négatif sans violence ni débordement émotionnel est parfois nécessaire.

Un cercle vertueux pour le cheval comme pour son cavalier

Pour le cheval : lorsqu’il est plus serein et disponible sur le plan émotionnel, le jeune cheval peut être davantage réceptif aux apprentissages, exprimer plus facilement ses qualités et construire progressivement une relation de confiance avec l’humain.

Pour le cavalier ou l’éleveur : un jeune cheval disponible et moins dans l’appréhension peut faciliter les manipulations et le travail quotidien. Des apprentissages plus sereins peuvent aussi permettre de gagner du temps dans l’éducation et l’entraînement, en limitant les situations de tension et les répétitions liées au stress.

Reprendre l’éducation en réduisant le stress

RESET peut accompagner les jeunes chevaux lors de périodes d’apprentissage, de changement ou lorsque certaines situations génèrent de l’appréhension. 100 % naturel et sans effet sédatif, il vise à accompagner leur équilibre mental et émotionnel tout en préservant leur réactivité naturelle. Certifié LCH non dopant, il peut également être utilisé chez les jeunes chevaux destinés à une carrière sportive ou aux courses.

« Mon jeune cheval était nerveux, indiscipliné et difficile à contrôler. Après quelques semaines de Reset, il est devenu plus calme et posé, acceptant plus facilement l’entraînement »

Thierry, cavalier

Voici quelques conseils pour favoriser le retour au travail dans la confiance :

  • Identifier les sources de stress : transport, ambiance de compétition, attache, logement, etc. ;
  • Créer des routines rassurantes : horaires réguliers, rituels de travail, moments de récompense et de détente ;
  • Se caler sur le tempo du cheval : étudier ses réactions afin d’instaurer un dialogue éducatif plutôt que d’imposer un planning rigide.

→ Découvrir RESET et son utilisation pour accompagner le jeune cheval

Sources : 

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