Est-il possible d’influencer le tempérament d’un cheval ?

Peut-on changer le tempérament d’un cheval ?

Comme les humains, chaque cheval a son propre type de tempérament, qui est déterminé dès la naissance par des facteurs génétiques et biologiques. Certains sont doux et faciles à manipuler, d’autres joueurs et taquins, ou alors particulièrement peureux. Ce tempérament ne peut pas être changé, mais il influence directement les comportements du cheval. Ils peuvent être modifiés par l’apprentissage, l’environnement et l’expérience. Cet article fait le point sur ce qu’est le tempérament du cheval et sur les moyens dont vous disposez pour agir sur son comportement.

Le tempérament du cheval : une base innée

Il est parfois décourageant de voir une autre personne réussir avec un cheval là où nous échouons. On pourrait penser que tout est une question de caractère du cheval, alors qu’en réalité, son comportement dépend de plusieurs facteurs, dont son instinct et son vécu. Mais alors, quelle est la personnalité du cheval, et comment définir son tempérament ? Les spécialistes en éthologie équine nous apportent des réponses.

Un cadre biologique et génétique

Le tempérament d’un cheval est une base stable qui influence ses réactions face à son environnement, à l’homme et aux autres chevaux. Il est déterminé par des facteurs innés et est souvent évalué selon cinq traits de caractère fondamentaux :

  • L’émotivité (réactions de peur aux stimuli stressants) ;
  • La grégarité (attachement aux congénères) ;
  • La réactivité vis-à-vis des humains ;
  • L’activité motrice (mobilité) en situation de stress ;
  • La sensibilité sensorielle.

Ces caractéristiques du cheval se manifestent progressivement après 8 mois et restent relativement stables tout au long de la vie du cheval. Ainsi, si un cheval naît avec une forte émotivité, il conservera cette caractéristique à l’âge adulte, bien que son comportement puisse être nuancé par ses expériences et son encadrement.

Cheval en tempérament curieux qui s'approche calmement d'un humain.

Facteurs influençant l’expression du tempérament

Avant même les apprentissages et les expériences de vie, plusieurs éléments influencent le caractère du cheval, c’est-à-dire la manière dont il exprimera son tempérament :

  • Le sexe : les mâles entiers présenteraient plus d’activité motrice et seraient plus grégaires, tandis que les juments sont réputées plus réactives avec l’humain, et d’humeur changeante (notamment à cause de leur fonctionnement hormonal).
  • La génétique de race : les lignées sont sélectionnées par la filière équine pour leurs performances, elles-mêmes influencées par le tempérament.
  • L’héritage des parents : le tempérament est génétiquement hérité du père et de la mère, influençant les réactions du cheval dès sa naissance.

Comportement du cheval : ce qui peut être modifié

Si le tempérament est une base fixe, le comportement du cheval, lui, est influencé par son environnement, son éducation et ses expériences. C’est sur ce plan que le cavalier peut intervenir pour améliorer une relation difficile ou optimiser des performances qui ne sont pas à la mesure du potentiel.

Voici quelques axes sur lesquels il est possible d’agir pour adapter le comportement du cheval à la discipline pratiquée et à ses besoins :

  • Encadrer la grégarité : certains chevaux sont très dépendants de leurs congénères, ce qui nuit fortement à leur concentration au travail. Une autonomisation progressive à l’aide d’exercices spécifiques les aident à se sécuriser.
  • Habituer aux stimuli humains : certains chevaux sont méfiants ou trop nerveux au contact de l’Homme. Un travail patient, fondé sur l’habituation et le renforcement positif, permet de les mettre en confiance.
  • Canaliser l’énergie : selon leur personnalité, certains chevaux sont plus ou moins actifs que d’autres. Un bon équilibre entre travail, repos et environnement adapté favorise une meilleure gestion de cette énergie.

Particularités du cheval et disciplines équestres

La discipline pratiquée joue un rôle dans le comportement des chevaux : la sélection génétique prédispose certaines races à telle ou telle discipline. C’est bien sûr une question de modèle physique, mais aussi de tempérament. Il est parfois nécessaire d’ajuster ses pratiques pour obtenir le meilleur de la lignée d’un cheval en optimisant son côté pratique.

    • Les chevaux qui performent en dressage sont, par exemple, très actifs, mais statistiquement plus réactifs et émotifs que les autres. Ils nécessitent un encadrement spécifique pour éviter les stress excessif.
    • Les chevaux de CSO et de CCE sont, eux aussi, très actifs, mais significativement moins émotifs et réactifs. La lignée et le tempérament inné jouent, bien sûr, un rôle important, mais d’autres facteurs comme l’entraînement, l’alimentation, la prise en charge et l’habituation à la nouveauté influencent aussi cette observation.
    • Les bonnes montures de centre équestre sont des chevaux placides. Leur faible mobilité rassure les cavaliers inexpérimentés, mais peut exaspérer ceux qui aspirent à la performance. Cela peut être une caractéristique naturelle, mais aussi la conséquence d’événements qui ont cassé leur mental.
    • Chez les chevaux de travail (race de trait ou de bétail) la placidité n’est pas un synonyme de passivité. Bien dans leur corps et dans leur tête, ils sont capables de mobiliser sur commande toute leur énergie dans l’action.

    Dominique, cavalière de dressage

    Les chevaux émotifs, stressés ou traumatisés

    Sources : 

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